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Gagner sa vie avec la photographie argentique?

Aujourd’hui, on va parler de photographie professionnelle et plus précisément de « Est-ce que c’est possible aujourd’hui de gagner sa vie en tant que photographe ou dans le milieu de la photographie en argentique?».

Alors, vous vous doutez bien que si je fais cette vidéo, la réponse est oui et même que si je fais cette chaîne, c’est que la réponse est oui. Mais vous vous doutez bien aussi qu’il y a certaines contraintes, certaines limites et le but aujourd’hui est de définir ces limites et ces contraintes.

Alors, premièrement, on va définir de manière très simple : « Qu’est-ce qu’être photographe pro?.

Pour moi, être photographe pro c’est gagner sa vie, gagner de l’argent avec la production de ses images de manière légale, c’est-à-dire en étant déclaré, point barre. Je ne veux pas rentrer dans la question des statues etc. Donc, cette petite mise au point est en faite… je vais partir de mon expérience personnelle et de comment je suis arrivé à la photo et comment je me suis professionnalisé.

Moi, j’ai eu une approche de la photographie (même si je faisais un peu de photo quand j’étais adolescent), j’ai commencé à faire vraiment de la photographie sérieusement au début de mes études dans une école de design où j’avais accès à un labo et où je pouvais faire du noir et blanc et où je pouvais travailler un peu sérieusement. C’est quelque chose qui m’a amené beaucoup de plaisir et les choses ont fait qu’à un moment je me suis posé la question de gagner de l’argent en produisant mes images. Et, à l’époque c’était compliqué parce qu’on était vraiment sur la période de transition où les labos pro n’étaient accessibles que par des gros studios photo et il n’avait pas d’intermédiaire entre le truc complètement amateur et le truc pour des gros studios.

Donc, j’ai décidé de m’acheter mon premier réflex numérique et j’ai commencé comme ça à vendre des prestations. Il se trouve qu’il y a quelques années, j’ai découvert le labo que j’utilise aujourd’hui et dont je parle souvent qui est le labo oratoire « Carmencita » qui propose un vrai service professionnel, donc de développement et d’editing à des prix concurrentiels qui font qu’on peut décemment facturer des prestations en argentique pour des clients professionnels comme particulier.

Par contre, travailler en argentique impose certaines contraintes. La première étant une contrainte de temps, entre le moment où je prends ma photo, j’envoie mes négatifs, ils sont développés, scannés et je récupère des images, il peut s’écouler des semaines.

Donc, on va commencer par définir tout ce qui n’est pas possible de faire comme photographe pro en argentique ou alors, très compliqué. C’est tout ce qui est relié à l’actualité. Donc, la photographie de presse et de sport d’actualité.

Par contre, il va être tout à fait possible dans le milieu du sport de faire des portraits de sportifs en vue de faire une monographie ou de suivre (je ne sais pas) une équipe d’un sport atypique, par exemple, sur un an, commandé par la Fédération et faire un travail de reportage sur du long terme et là, la contrainte de temps pour récupérer ces images est annulé.

Pareil pour l’actualité, on peut très bien se donner un sujet donné et on voit beaucoup de photo-reporteurs qui vont six mois à un endroit et qui travaillent en argentique sur ces six mois et qui reviennent avec un reportage. C’est pas de l’actualité mais c’est vraiment un sujet précis.

Les secteurs en faite où on n’a même pas à se poser la question, par exemple, ça va être le secteur de l’art ou l’art contemporain en général. Au final, c’est l’œuvre qui prime et on se fout complètement de : est-ce qu’on a utilisé un appareil numérique ou un argentique? Ou est-ce que l’image est retravaillée derrière un numérique après une captation argentique etc.

La création artistique au sens général ne nous impose pas un médium particulier. Donc là clairement si vous faites un travail personnel pour vous, rien ne vous empêche de travailler en argentique. Il va y avoir un léger coût en production mais c’est vraiment une question de choix et de goût et derrière vous pourrez vendre par exemple, : « vos tirages » et ça peut être même une sorte de positionnement que de dire « voilà, je travaille à l’ancienne en argentique » ou alors pour les contraintes du projet, vous allez travailler en numérique parce que le projet l’impose mais la question numérique et argentique n’est pas déterminante pour cette catégorie-là.

Alors, on a vu que les secteurs où il était « impossible » d’être banquable en produisant des images, c’était tout ce qui était relié à l’actualité. Et donc par opposition, là ou ça va devenir possible, ça va être tout ce qui est de décorer l’actualité.

Donc, des exemples : la photographie sociale. Vous photographiez par exemple un événement qui est un mariage ou un baptême. Vous rendez vos fichiers plusieurs semaines après, c’est pas un problème.

Pour le mariage, on l’a vu la dernière fois, j’avais fait une interview du duo Branco Prata. On devait travailler en argentique et vous allez voir qu’il va y avoir d’autres interviews qui vont venir sur la chaîne pour vous montrer en faite, des photographes qui dans certaines conditions travaillent en argentique et peuvent tout à fait gagner de l’argent comme ça.

Le deuxième milieu, ça va être le milieu de l’édition pour une commande particulière. Ça peut être plus ou moins raccroché sur ce dont on parlait sur des reportages au long cours sur des sujets ou plus au moins raccroché au domaine de la création et de l’art. Vous aurez une interview d’un photographe qui va sortir très prochainement sur la chaîne… et le dernier dont j’ai envie de vous parlez, c’est-ce que je vais appeler « le corporalité haute gamme ».

Donc moi par exemple, je commence à travailler pour des clients professionnels qui pour des questions d’images, de recherche d’authenticité dans leur communication sont interpellés par ma démarche de vouloir proposer des prestations en argentique.

La question n’est pas de dire : est-ce que c’est mieux dans ces cas là de travailler en argentique ou en numérique?.

La question est de se dire: c’est possible aujourd’hui et ça peut être un positionnement marketing pour le corporate comme pour la photographie sociale de faire ce choix là en argentique.

Alors, le choix peut être fait effectivement sur une question d’image de marque mais par exemple, pour ma part, je suis revenu à l’argentique parce que c’était possible, parce que c’est ce qui l’apporte le plus de plaisir. Et, c’est ça le point central, c’est qu’on ne va pas s’imposer tout un nombre de contraintes de coût parce qu’il y a un coût de production quand on travaille en argentique, de praticité parce qu’effectivement, on n’a pas la même flexibilité qu’avec le numérique et j’en passe juste pour une question de positionnement marketing, les deux doivent rallié «  le plaisir et l’image de marque ».

Pour récapituler, quels son les prérequis pour pouvoir travailler en argentique professionnellement à mon sens :

Premièrement, ne pas avoir de contrainte de temps.

Deuxièmement, se positionner comme un auteur et troisièmement éduquer son client, en tout cas faire œuvre de pédagogie et que ça s’inscrive dans une vraie démarche.

Moi, j’ai fait ce virage là de l’argentique, il y a maintenant deux ans. J’en suis très content. C’est quelque chose qui m’amène beaucoup de plaisir et beaucoup de sérénité dans la marche à suivre pour mon entreprise.

Si l’argentique dans la pratique du milieu professionnel vous intéresse, n’hésitez-pas à me le dire.

Si vous pensez que cette vidéo peut intéresser un photographe que vous connaissez n’hésitez pas à la lui partager.

Si la question de faire le virage du numérique vers l’argentique tout en gagnant sa vie vous intéresse, faites-moi part et je vous partagerais un peu plus mon expérience autour de cette pratique.

D’ici là, je vous dis, bonne photo et à la prochaine fois.

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