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Le temps est un choix : en photographie comme ailleurs

Le temps est un choix à faire, toujours. En photographie peut être plus qu’ailleurs. Au delà de la question du temps de pose qui est davantage une question technique, il y a pour moi 4 temps dans la création d’une photo :

1- le désir :
C’est l’image mentale, le fruit d’une impression sensible, qui, peut être a provoqué une émotion chez nous et nous a poussés à capturer ce souvenir. Cette étape est essentielle, on doit trouver le bon ratio entre maturation (réflexion) et instinct (ressenti). C’est un peu comme le vin, une photo cela peut être un Beaujolais Nouveau, ou elle peut être bouchonnée!
Les deux aspects de cet équilibre se travaillent, presque avec des exercices, comme des gammes en musique.

2 – l’instant :
Il est le fruit de l’équilibre entre la réflexion et le ressenti. L’instant est à vivre, à expérimenter.
En photo on doit accepter de n’avoir jamais vu cet instant, et c’est là l’élégant paradoxe de la photographie : on imagine une image que l’on va créer, sans la voir.

3 – l’oubli :
Selon que l’on travaille en argentique ou en numérique ce temps existe ou pas. On dénigre souvent le caractère immédiat du digital. Certains portent même un jugement moral là dessus en caractérisant d’infantile le besoin de voir un résultat immédiat. Personnellement je ne suis pas particulièrement fan des jugement moraux. Je préfère me référer à la physiologie : une des caractéristiques principales de notre cerveau est sa capacité d’oublier. J’aime me dire que cela doit avoir un intérêt.

4 – le souvenir :
Avez vous déjà remarqué que la manière dont on se souvient d’un événement peut varier d’une personne à l’autre. Je m’en suis rendu compte à l’occasion des repas de famille 😉 Il y a déjà une question de perception, de ressenti, on se souvient plus du ressenti que de la réalité. Vous vous demandez maintenant pourquoi je fais de la psychologie de comptoir 😉 Simplement pour vous dire que je juge la qualité d’une photo (selon moi) sur sa capacité à coller au ressenti du moment? Voilà pourquoi il est important pour moi de l’oublier : sans oubli, pas de construction du souvenir.

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