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Qui suis-je?

Aujourd’hui, comme certains m’ont demandé quel était mon parcours et que c’est vrai que j’ai présenté un peu le projet de la chaîne mais je me suis pas forcément présenter moi. Je pensais pas que c’était forcément important. En faite, quelqu’un m’a posé une question sur mon parcours et je me dis que du coup que ça peut avoir du sens et que peut-être ça peut vous permettre de comprendre la manière dont j’envisage la photographie.

Clairement, j’aimerais vous raconter une jolie histoire comme quoi j’ai développé dans la cave de papi et je tirais mes photos en agrandisseur mais c’est pas vrai. En faite, j’ai cramé quelques jetables quand j’étais en colo et quand on partait en vacances en famille. J’avais le droit de prendre quelques photos avec le réflex de mon père mais j’étais pas plus expert que ça, c’était un réflex bien mais pas non plus extraordinaire. Et, moi je comprendrais d’ailleurs pas grand chose.
Par contre, ce qui est sûr c’est qu’il y avait deux choses qui me fascinaient, c’était le cadre.

Le fait de pouvoir choisir une partie du monde sur laquelle focaliser son attention et la deuxième chose ( ça peut paraître étrange ) mais c’était le bruit du déclenchement et particulièrement le bruit du réflex que mon père avait qui était un Minolta X-700 qui avait un bruit très amorti, très sourd, presque doux et il y avait un truc un peu paradoxale entre la mécanique de l’appareil et la douceur de ce bruit là et peut-être la violence du fait de prendre une image parce que je trouve que des fois ça a quelque chose de violent. Enfin, c’est un autre débat.
J’ai réellement commencé la photographie pendant mes études d’art parce que j’ai fait une formation de Design industriel, c’est à une école de Créa que je l’ai faite. Dans cette école en faite, j’avais la chance d’avoir un laboratoire tout équipé avec toutes les ischémies misent à disposition pour développer, tirer et du coup c’est vraiment là où j’ai découvert la photo et où j’ai pu explorer, expérimenter principalement en noir et blanc. Et, du coup c’était un luxe énorme parce que j’avais quasiment aucun frais. Le faite de commencer en argentique n’était pas du tout un problème pour moi.
A cette époque là, je voyais le numérique comme quelque chose qui offrait des possibilités infinies et ça me fascinait. Je rêvais de m’offrir un réflex plein format et il se trouve que je fumait énormément à l’époque et je vais vous dire en quoi ça a un rapport avec la photographie.

C’est qu’un jour, je passe devant la Fnac et je vois une offre pour un ” 5D mark II + 24 -105 ” pour kit à 2400 euros à taux zéro sur 12 mois. Donc, 200 euros par mois et ça correspondait à ma consommation de cigarettes mensuelle. Et, là je me suis dit ” Ok, t’arrêtes de fumer, tu te payes l’appareil de tes rêves et puis c’est cool “.

Donc, c’est-ce que j’ai fait : j’ai arrêté de fumer, je me suis payé l’appareil de mes rêves et du coup, je me suis dit ” c’est cool quoi “. J’ai un appareil pro, je peux faire le pro quoi comme beaucoup “.

J’ai commencé, j’avais une amie qui était au Cours Florent et qui avait besoin d’un book de comédiennes; Donc, je lui ai fait et ça a du lui plaire parce qu’elle m’a recommandé. Du coup, j’ai fait pas mal de book de comédiens. J’aimais bien, c’était pas évident puisque je suis pas quelqu’un de super extraverti… Tirer un portrait c’est pas rien en faite. J’ai écrit un article sur le médium, vous trouverez les liens en-dessous où j’explique un peu mon rapport aux portraits. Mais, c’était hyper intéressant. Quand j’ai commencé à en faire un peu, j’ai pris un numéro Siret avec un statue d’autoentrepreneur. Quelque chose de très banal en faite, rien d’extraordinaire comme ” début ” de carrière photographiqu

Puis, toujours aussi banal, j’ai eu des amis qui se sont mariés, j’ai commencé à faire leur mariage et puis ça a du plaire aussi parce que j’ai ai fait d’autres.

Puis à un moment, j’ai voulu faire un peu bien les choses donc j’ai un peu fait de branding, j’ai crée ma marque ” L’Artisan Photographe ” j’avais à cœur ce côté savoir-faire, ce côté attention porté aux choses et puis c’était un peu mon job d’été quand j’étais étudiant. C’était mieux que de bosser dans un café enfin pour moi.

Et quand j’ai commencé à travailler comme designer, en faite j’ai continué parce que j’avais la possibilité de le faire comme beaucoup en faite. Encore une fois, rien d’extraordinaire… mais je bossais en numérique. L’argentique me manquait pas mal enfin, je faisais de l’argentique pour moi mais à l’époque travailler professionnellement en argentique, pour moi, c’était réservé pour des gros studios qui pouvaient absorber des gros coûts et pas du tout un petit indépendant. C’était le cas d’ailleurs, à part des gens relativement connus, des mecs comme Depardon, oui. Ils ont jamais arrêté de shooter en argentique, voilà clairement je suis pas Depardon.

Bref, il y a deux ans, j’étais pas épanouie dans mon boulot pourtant c’était un boulot que j’avais choisis, enfin je trouvais que j’avais pas fait les bons choix de carrière et tout, en faite  j’ai tout lâché. Et, quand j’avais ce business de photo, je me suis dis ” Développe-le ” et en faite, j’ai commencé à bien me renseigner et puis j’ai commencé à avoir sur des blogs de mariage américain: des mecs qui shootaient en argentique; sur des blogs de voyages: des mecs qui faisaient des reportages en argentique puis surtout avec des couleurs de malade que j’arrivais pas à obtenir moi, quand j’emmenais mes films même à un labo parisien qui me faisait des scans. Et, j’ai commencé à remonter petit à petit puis à trouver des labos aux Etats-Unis puis en Europe dont un qui est : Carmencita Film Lab, qui est celui avec lequel je travaille aujourd’hui. Je leur ai envoyés mes premiers films puis il y a une relation qui s’est nouée et c’est ça que j’aimais beaucoup d’ailleurs. C’est qu’il y a une vraie relation qui s’est nouée. Alors, je touche absolument rien de leur part pour dire quoi que ce soit mais ça a tellement transformé en faite ma manière de travailler qu’aujourd’hui je crie à qui veut bien l’entendre ( demander à des potes photographes comment je les saoulent avec ça ) que c’est un truc à faire. Ne serait-ce que pour soi d’essayer de leur envoyer quelques rouleaux. Moi, ça a été vraiment quelque chose de super. C’est des gens super qui militent en faite pour la transformation de l’argentique et qui ont un peu la même vision que moi, pas passéiste, moderne.

Pendant deux ans, j’ai mis en place en faite un business photo viable en argentique et je me dis que ” Si moi j’y arrives, tout le monde peut y arriver s’il en a envie “.

Bien sûr, il faut opérer des ajustements de positionnement, bien sûr ça me ferme des marchés mais en faite…dans tout le livre de business, le fait de cibler vraiment des niches, ça aide. Aujourd’hui, je travaille pour d’autres créa. Je travaille pour des artisans d’art. Je fais aussi des mariages principalement pour des étrangers en argentique et je shoot plus du tout en numérique. Globalement en faite, ça m’apporte beaucoup de plaisir. C’est vrai qu’à un moment, travailler en numérique commençait à me gonfler, je me suis dit ” Ça ne sert à rien de faire un truc qui est censé plaire si ça te gonfle “. Je crois que ce qui me plaît à travailler en argentique, c’est aussi parce qu’il ne faut pas se mentir à soi-même. En tant que photographe, j’ai un petit côté gig du matos et que l’argentique propose une diversité en faite de type de matériels qu’on trouve pas encore en numérique. C’est assez clair… et avec des appareils, avec des typologies complètement différentes pour des usages complètement différents.

C’est là en faite où mon profil de designer entre en jeu. C’est que le design pour le coup, c’est pas uniquement faire une belle chaise ou un bel objet. La conception du design tel que je l’ai apprise, c’est partir de l’utilisateur final, centrer l’utilisateur et partir des usages et construire en faite un projet ( donc un objet ou un service ) autour des usages de cet utilisateur final. Je trouve que l’intelligence des appareils argentique était de proposer une typologie très spécifique pour un usage très spécifique. Vous l’avez peut-être vu dans les présentations matérielles que j’ai fait, j’attache une présentation particulière au feeling, à l’usage de l’appareil voilà par exemple, la vidéo du Plaubel que vous avez peut-être vu. Je trouve que c’est un appareil très orienté voyage etc. Et, c’est ça que j’aime particulièrement dans l’usage de l’argentique et qui me frustre beaucoup en numérique parce qu’il y a une espèce d’aspect hyper monolithique. Concrètement tous les réflex sont les mêmes, qu’on aille chez Canon, Nikon, ils ont tous la même ergonomie soit disant optimale et ce qui est triste c’est que les hybrides sont que des mini réflex; les moyens formats ne sont que des gros réflex et voilà on se retrouve qu’avec les mêmes appareils. Il y a plus que les Leica qui font du télémétrique et heureusement qu’il y a encore une petite diversité.

Alors, ça va surement revenir mais en tout cas pour l’instant je trouve que ça laisse un champs à l’argentique de s’exprimer et de se transformer en faite.

Je pense qu’on n’est clairement pas dans un déclin ou une renaissance de l’argentique mais dans une transformation et ça c’est un peu l’objet de cette chaîne : participer, militer pour la transformation de l’argentique. Si vous me suivez, peut-être que vous aussi puis si vous avez envie de participer à cette transformation là, vous êtes au bon endroit. C’est un défi qui n’est pas simple parce que chaque arrivée de nouveau médium, le medium précédent doit se questionner.

Je vous avez parlé dans les vidéo sur ” les trois pires arguments contre l’argentique “, voilà si vous avez envie de me suivre dans ce challenge là, faites-moi des retours dans les commentaires. Dites-moi si vous êtes d’accord ou pas avec cette vision là. Moi, j’y crois très fort mais je considère pas que j’ai un sens infuse et je pense qu’il y a un débat hyper riche et intéressant qui doit avoir lieu, qui n’est pas vintage contre progrès parce que ça n’a pas de sens parce que moi j’ai une vision plutôt contemporaine. C’est pas parce que je shoote en argentique que j’ai pas un smartphone comme tout le monde. D’ailleurs, regardez! Je tourne ces vidéo en numérique, j’ai une chaine You Tube et j’utilise les médias sociaux donc le conflit de génération n’a pas de sens en faite, même en photographie.

 

J’espère que des gens chez Canon, Ilford ou des acteurs de la photographie argentique se posent ces mêmes questions et clairement vu les nouvelles des derniers moments, j’ai l’impression que c’est le cas. Je trouve que c’est vraiment cool de voir que forcément le boom du numérique, que les gens se disent ” ok, bon le numérique en faite c’est génial mais c’est pas la perfection non plus. Le numérique c’est pour ça mais du coup attends, si on reprenait l’argentique pour d’autres trucs “. Moi, je crois dur comme fer que c’est valable pour les professionnels et pour les amateurs et pas que pour les amateurs ( vous savez ) les vieux de la vieille, ce qu’on appelle les argenteux pour qui si on n’a pas tout fait à la main, dans sa cuve, en agrandisseur, c’est pas de l’argentique.

Je pense que l’hybridation argentique numérique (j’en parlais dans cette vidéo sur “ les pires arguments contre…” ) est quelque chose de normal et d’essentiel. Du coup, je milite pour une vision, une pratique moderne de l’argentique. Et, si vous vous reconnaissez dans cette vision, partagez cette vidéo, faites-moi des retours en commentaire et puis avançons ensemble sur ce chemin que moi je trouve passionnant.

A très vite!

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