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Revue de materiel : Plaubel Makina 67

Je vais vous présenter aujourd’hui le Plaubel Makina 67 que j’utilise depuis maintenant un moment et que j’aime particulièrement, je vais vous montrer un peu pourquoi.

Je vais commencer par vous le présenter, vous détailler un peu son fonctionnement et ensuite je vous montrerais quelques images que j’ai pu produire avec et en quoi c’est un appareil photo qui est assez extraordinaire.

Premièrement, le Plaubel est un moyen format, donc il est utilisé avec des pellicules format 120. Il est équipé d’un 80 mm 2.8 de chez Nikon et c’est un télémétrique à soufflet, donc qu’on vient déployer de cette manière là.

Le gros avantage c’est qu’en faite, une fois que le soufflet est rabattu, il est extrêmement compact pour un 67. Je sais pas si vous connaissez par exemple en 67, le Pentax 67 qui est un superbe appareil mais comparé à celui-ci, étant donné que c’est un télémétrique, donc il n’y a pas de miroir à relever, pas de grosse chambre pour le miroir et qu’il a un soufflet qui rabat l’objectif, on a une compacité qui est assez hallucinante, de faire pas plus de 5 cm d’épaisseur et c’est absolument génial quand on est en voyage parce qu’on peut par exemple, le mettre sous une veste donc on peut le protéger des intempéries, le protéger aussi de vol éventuel ou en tout cas d’éventuelle convoitise.

Dans certains pays, les autorités par exemple, n’aiment pas trop qu’on prenne des photos donc s’il nous voit avec un appareil, il va être tendu. Si là il est sous la veste, on a aucun problème.

Donc ça c’est particulièrement génial pour ça. Alors bien sûr il existe des appareils plus compacts mais en moyen format 67, en tout cas moyen format c’est l’appareil photo le plus compact que je connaisse et pour ce qui est donc des balades photographiques ou des voyages, c’est pour moi le moyen format parfait.

Alors bien sûr tout ça à un certain prix en terme d’usage, c’est-à-dire qu’on va devoir faire des compromis.

Premièrement, la mise au point en faite se fait au niveau de l’obturateur, donc en faisant varier une molette, on modifie la distance entre le boîtier et la lentille mais comme tous, fait de la même main, forcément on perd en rapidité.

C’est un appareil relativement lent, en même temps c’est pas forcément l’appareil photo de reportage, c’est pas un télémétrique de reportage comme pourrait l’être un Leica où là on peut avoir une certaine rapidité, comme on a une longue focale on est obligé d’être plus attentif à la mise au point on va dire. Donc ça c’est pour le compromis. Moi, j’aime bien parce que ça en fait un appareil relativement radical et qui a un usage précis mais que pour cet usage précis, voyager léger en faisant des photos au moyen format, il répond parfaitement à la demande. C’est un appareil qui est très costaud, il est complètement construit en métal néanmoins, le soufflet reste quelque chose de fragile, donc il faut faire attention notamment quand il pleut et notamment à d’éventuels chocs.

Alors au niveau de l’obturateur,  je vous l’ai dit il est à cet endroit là. C’est un simple armement ce qui est plutôt bien, certains ancien appareils sont à double armement donc ça ralenti encore plus, mais celui-ci est un simple armement.

Alors, la première chose comme il est équipé d’une cellule spot, c’est qu’on a le sélecteur ISO qui se trouve sous l’objectif. Moi personnellement, j’utilise une cellule à main donc je m’en sert pas et ensuite on a les deux bagues : vitesse et ouverture qui se trouvent ici avec un petit ergot pour changer d’ouverture, donc il ouvre de 2.8-22 et une bague crantée, celle-ci pour choisir la vitesse. Et, donc l’obturateur va jusqu’au 500 ème. Du 500ème à une seconde avec une pose bulb où là on active avec un petit déclencheur souple qui vient se visser ici.

Alors certes, 1/500ème de seconde c’est relativement lent en même temps vu la dynamique de l’argentique en fermant un peu, on s’en sort très bien. Par exemple, ouverture à 4 au 500ème en extérieur par un jour de relativement beau temps, ça va très bien et comme on a un 80 mm/4, par exemple pour faire un portrait, on va avoir un beau flou en d’arrière plan. Pour moi, c’est pas vraiment un gros inconvénient.

Le 500ème est dû premièrement au faite que c’est un obturateur central, donc l’obturateur central veut dire que l’obturateur est dans l’objectif et non pas dans le boîtier.

L’inconvénient, c’est qu’on peut pas monter très haut dans les vitesses. L’avantage,c’est que ça fait des obturateurs beaucoup plus silencieux. Je vais refaire un déclenchement sans parler pour que vous vous rendez compte. C’est franchement très très silencieux pour un 67. Si vous regardez encore une fois par exemple, le Pentax 67 que j’aime beaucoup, le déclenchement à 10 mètres, limite on l’entend. Là on a quelque chose de beaucoup plus discret.

L’autre intérêt d’un obturateur central, ça ça nous concerne peut-être un peu moins, mais c’est de pouvoir avoir des vitesses de synchro flash bien plus supérieur, ça c’est pour la photo de mode et en plus avec des obturateurs centrals plus performant et plus rapide, on en reparlera peut-être une prochaine fois.

La chose que je trouve très intéressante et c’est particulier à beaucoup d’appareils photos argentique, c’est qu’une fois qu’on a réglé son coupe-vitesse d’ouverture donc là par exemple, un 2.8 pour 1/500 ème de seconde, en faite on a un couplage en tenant une bague crantée D2 et du coup si on met à 4mm, il va par exemple automatiquement se mettre au 250ème, à 5.6 automatiquement au 125ème, à 8 automatiquement  au 60ème. Et, ça c’est hyper pratique parce qu’en faite pour une situation donnée on va avoir le même coupe-vitesse d’ouverture mais on va vouloir faire varier sa profondeur de champ et on va pouvoir le faire de cette manière là sans avoir à faire le calcul de tête, mécaniquement ça le fait automatiquement.

D’ailleurs c’est un appareil qui est entièrement mécanique, c’est-à-dire que l’obturation se fait mécaniquement, le chargement se fait mécaniquement, il y a juste une toute petite pile qui vient se charger ici et qui sert pour la cellule mais si vous n’avez plus de pile dans la cellule vous pourrez toujours déclencher et par exemple, quand on est en voyage, c’est relativement intéressant, on n’a pas à s’embêter avec les batteries. Je dirais, on s’embête avec les pellicules mais on est toujours sûr de pouvoir prendre sa photo.

On va passer maintenant au chargement du film, donc pour ça je rétracte l’objectif dans le boîtier. Une chose à laquelle il faut faire toujours très attention, c’est quand on rétracte le boîtier il faut avoir fait sa mise au point à l’infini pour éviter d’endommager les mécanismes.

Alors, le chargement du boîtier se fait, donc on commence par ouvrir la trappe avec le petit ergot sur le côté, on a deux petits boutons rouge qu’on vient actionner pour déverrouiller ces deux ergots qui nous permettent de libérer les films. Donc comme tout appareil moyen format on vient récupérer la bobine de l’ancienne pellicule, la placer dans l’autre et verrouiller. Ensuite, on prend notre pellicule 120, on enlève entièrement le papier autour, on vient positionner notre pellicule et on verrouille le deuxième ergot.

Ensuite, on vient tirer légèrement , alors là on a en faite une résistance qui nous permet que la pellicule se déroule pas toute seule, ce qui est assez pratique. On vient dérouler notre pellicule ,mettre la languette dans la fente de l’autre, et actionner l’armement. On actionne plusieurs fois, normalement c’est à peu près 3 fois pour venir aligner la flèche ( les flèches ici avec la flèche de la bobine ). Une fois qu’on a fait ça, on peut refermer le boîtier. Il nous suffit d’armer jusqu’à ce ça bloque. Là le chiffre 1 apparaît, on est sur la première vue et on n’a plus qu’à déclencher.

Comme je vous le disais pour ce qui est de la visée de la mise au point, on a un viseur donc dite télémétrique et on vient aligner en faisant varier la distance entre la lentille et le boîtier via la bague qui est ici. On vient aligner l’image centrale avec le reste de l’image pour faire la mise au point au centre quitte à recadrer après et on peut déclencher.

Voilà, j’en ai fini de vous présenter l’appareil et son chargement et son fonctionnement. On n’oublie pas quand on rétracte de se mettre à l’infini. Je vais maintenant vous présenter quelques images pour pouvoir vous parler plus précisément de la particularité et de ce que j’aime bien dans cet appareil.

La première image peut être qualifié de paysage proche on va dire. Ce que j’aime bien ( ici ) c’est  l’effet de distance que ça met, c’est pas propre au Plaubel mais c’est propre au moyen format. J’aime beaucoup le rendu colorimétrique que nous donne cette lentille, c’est relativement neutre pas trop de micro-contraste. Voilà quelque chose d’assez naturel.

La deuxième image, c’est une vue qu’on peut appeler de street photography dans Marseille. Encore une fois là c’est du plus haut format qu’à l’appareil en lui-même mais le 80 mm qui est un télé objectif qui devient grosso-modo un 40 mm équivalent 24-36, en faite nous donne un côté très cinématographique à l’image avec des perspectives qui sont très peu déformées et on voit bien ici, moi j’aime beaucoup le rendu que donne le moyen format pour ça et le problème c’est que souvent un moyen format est relativement volumineux et visible et pas spécialement discret. Et là, la discrétion de l’appareil fait que pour la photographie de rue, personnellement moi je me sens plus à l’aise.

Là c’est une photo en noir et blanc, on voit toujours bien cet effet de perspective assez peu déformé avec un cadre assez naturel. Ce que je voulais vous montrer là, ce qu’on retrouve en faite le cadre du boîtier a des petits bords arrondis. Pour ce qui scannent leur négatifs, les labos généralement ne le font pas mais pour ceux qui scannent leur négatifs eux-mêmes, ça donne un petit effet qui est sympa  qui est particulier au Plaubel et qu’on va reconnaître, en tout cas, que les utilisateurs de Plaubel pourront reconnaître entre eux, donc c’est sympathique.

Je vous montre cette photo là, on est sur la corniche à Marseille pour vous montrer à quel point l’objectif lui, a une très bonne résistance au flare. Vous avez surement vu, il y a pas de pare-soleil sur l’objectif, là on est en quasi contre-jour, on a vraiment zéro flare et ça j’ai été impressionné. Je l’ai prêté à un ami photographe qui lui a fait des photos carrément du soleil dans les cadres. J’en ai fait quelques unes, je ne vous les montrent pas parce qu’elles étaient assez mauvaises mais vraiment je suis impressionné par la résistance au flare de cet objectif en même temps c’est un appareil qui est assez récent. Je ne veux pas dire de bêtise dans la vidéo, je vous le mettrais en post production. On a quand même un appareil avec une optique récente, une très bonne résistance au flare, quasiment aucune distorsion, ce qui montre bien que c’est quand même un appareil photo plutôt dédié au paysage on va dire, après moi j’aime bien faire de la street photography avec. Donc ça c’est vraiment le gros point fort de cet appareil.

Cette photo-ci, je vous la montre plus encore une fois, pour vous montrer l’avantage du moyen format du 67 qui déforme très peu les perspectives. Là on est en forte plongée et on a quelque chose de relativement neutre dans les perspectives et on a une transition floue nette et un effet de profondeur en faite entre les personnages au premier plan et le fond que moi, je trouve assez vertigineux, ça c’est encore une fois dû au moyen format.

Cette photo-ci je vous la montre aussi pour la résistance au flare en couleur cette fois-ci. Moi, j’ai eu pas mal de vieux appareils argentique moyen format et c’est vrai que le flare pouvait toujours être un problème. Autant le flaire peut être un truc très sympa par exemple pour du portrait, autant quand on fait du paysage, enfin apart dans certaine situation on préfère éviter.

Donc, ça c’est sympa pour ça.

Voilà je vous montre cette photo-ci pour vous montrer, enfin là je dois être à 2m du sujet qui bronze, on est à Marseille, on est autour du MuCEM. Après je dis pas que l’appareil est silencieux, donc il est discret donc vous pouvez vous rapprochez, là pour le coup c’est vraiment question personnelle, moi je sais que si j’ai un appareil bruyant, je vais pas oser m’approcher. Avec cet appareil-ci je me sens bien, j’ose m’approcher et ça c’est un point important. Ça va pas être le cas de tout le monde mais moi je sais que si par exemple, j’ai mon Contax 645 qui est un Réflex 6×45 j’arriverais pas à m’approcher autant pour de la photo de rue.

Voilà j’en ai finis de cette première présentation « matériel »  dans Exploration, il y en aura d’autres évidemment. Un dernier point pour vous prouver l’intérêt d’avoir un télémétrique moyen format à soufflet c’est que Void Lander il y a deux, trois ans, encore une fois je veux pas dire de connerie mais très récemment en a ressorti un, alors un peu moins compact je crois et avec une ouverture un peu moins grande. Je crois que c’est une ouverture à 3.5, c’est pas très loin de 2.8.

Voilà, ça prouve que ce type d’appareil a toujours un intérêt et que travailler au moyen format avec de la compacité, c’est quelque chose qui est recherché.

Sur ce je vous souhaite de bonnes photos. N’hésitez-pas à me laisser des commentaires si vous avez des questions ou si vous voulez que je vous présente d’autres types de matériels. Abonnez-vous.

A très vite.

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